La mer et le cheval — une mythologie intérieure
Sous les romans, sous les images, sous les chansons, un même fil parcourt tout ce que je fais. Ce n’est pas trois pratiques juxtaposées — c’est une seule quête, racontée trois fois : en mots, en lumière, en voix.
Le cheval
Dans Le Grand Voyage, j’écris : « Un jour, je rejoindrai les chevaux de la lune… Ensemble réunis pour le plus grand voyage. » Ce cheval n’est pas un animal. C’est une promesse, une direction, quelque chose qu’on poursuit sans jamais tout à fait le saisir.
Dans la galerie, cette même quête devient la salle Looking for Pegasus : The Ghost Rider, Cheval de feu et Le cheval fantôme traquent cette présence mythique — jamais montrée tout entière, toujours dérobée, comme dans le texte. C’est la même course, menée avec une caméra plutôt qu’avec une plume.

La mer
La mer traverse chaque livre. Dans L’Odyssée d’un Funambule, elle est mémoire : « chaque souvenir une mer à traverser. » Dans À Dieu Vat, elle est épreuve — Paquito Lopês croit fuir en prenant la mer ; en réalité, il va se trouver. Dans la galerie, elle devient forme pure : la salle Vertige et sa vague torsadée, reprise en trois variantes — Vent bleu, Dissolution, Embrasement — n’est pas un décor, c’est un état.
Et dans Le Marcheur de Hasard, elle revient en chanson, dans ces « nuits océanes » que traverse ce triptyque — les mêmes nuits que traverse le funambule, sous une autre forme.

La traversée
Funambule, marcheur, navigateur : trois figures pour une même démarche — avancer sans savoir où l’on va, mais y aller quand même. Ce que les romans appellent « voyage intérieur », le triptyque l’appelle « marche », et la galerie l’expose comme une traversée en cinq salles : Seuil, Looking for Pegasus, Vertige, Figures, La robe bleue.
Trois pratiques, un seul territoire. Vous pouvez y entrer par les mots, par l’image ou par le son — vous y retrouverez toujours la même mer, le même cheval, la même quête.

